Plus de Sud

Après les belles plongées dans les eaux turquoises des Grenadines, nous mettons les voiles vers le sud pour nous protéger d’une situation dépressionnaire incertaine. Finalement, nous passons un mois à Carriacou avant d’aller nous cacher à Trinidad pour la saison cyclonique.

A Carriacou, nous nous cachons à Tyrell Bay au sud de l’île. C’est l’occasion de faire de nouvelles rencontres et des plongées agréables. Dans nos promenades sous-marines, nous apercevons là, une raie léopard, ici, une tortue. Oh là-bas, un dollar des sables, ce magnifique reste blanc d’oursin avec un dessin étoilé dessus ! Et des serpentines qui rampent au fond de l’eau, tels des serpents rôdant dans la forêt. On se régale à chaque fois face au spectacle de la nature.

Nous faisons aussi de chouettes promenades, dont l’une nous emmène au pied d’une maison troglodyte en construction, faite de terre, toute arrondie, perdue dans la nature, avec une porte de cave ressemblant comme deux gouttes d’eau à celle d’un trou de Hobbit…

(Pour voir le diaporama, cliquer sur une photo et faites défiler)

Awen apprend l’aquarelle avec Martine et Arthur fête ses 8 ans avec les copains de bateau. On s’échange des livres, des musiques, des films… On fait le point sur les mois à venir, les retours, les suites possibles. Et les enfants trouvent d’autres enfants, anglais, américains, italiens, français pour jouer chaque jour, inlassablement… C’est aussi le début des journées de pluies, la météo change doucement. J’oubliais la soirée galettes bretonnes/cidre avec un équipage rennais ! Quel plaisir de manger entre amis et comme à la maison !!!

Cette petite île de Carriacou, située dans l’état de Grenade, au nord de l’île principale, est restée nature et pleine de surprises… Pourtant, nous sommes toujours aussi effrayés par tous les déchets disséminés ici et là, notamment sur les plages de la côte au vent… Bidons d’huile, filets, chaussures en tout genre, bouteilles de soda et les immanquables sacs plastiques, de toutes les couleurs, de toutes les tailles, dans tous les états. Sur les bas côtés des routes, barquettes en plastique, canettes, couverts en plastiques, vêtements dégradés, restes de voiture, frigos… Une catastrophe environnementale, témoignages de notre civilisation d’Homo soit disant sapiens (Homme sage…). Je nous appellerais plutôt Homo plasticus.

Les enfants se révoltent, questionnent. Nous les interrogeons sur nos pratiques, sur celles rencontrées au cours de ce voyage, en France. Notre belle planète bleue se transforme en planète plastique. Partout où nous sommes passés, nous n’avons pu que constater l’ampleur des dégâts.

Avec Arthur, nous étudions en ce moment les vestiges de la préhistoire. Que retrouverons les Hommes du futur de notre époque ? Quelle Terre créons-nous chaque jour pour les générations à venir ?

Après Tyrell Bay, nous retournons un peu à Sandy Island, site protégé à l’ouest de l’île. Nous plongeons à nouveau avec Awen et découvrons un paysage différent, très vert alors que les fonds étaient clairs et sableux 6 mois auparavant… Notre fille aimerait être océanographe. Peut-être pourra-t-elle nous expliquer ces phénomènes un jour ?

Puis nous décidons de partir vers Tobago. Finalement, pour diverses raisons, nous prenons la route de Trinidad, sa grande sœur et faisons une halte à St Georges, capitale de l’île de Grenade. C’est l’époque des arbres flamboyants en fleurs. Que les couleurs oranges illuminent les bords de route ! Que la nature est belle et surprenante !

Nous visitons cette petite ville charmante en attendant le bon créneau météo pour descendre plus sud. Ça monte, ça descend. Là, les restes d’un fort où la police s’entraîne ; ici, des pêcheurs souriants qui vendent des bonites et autres poissons ; là des boutiques d’art… En retournant à notre annexe, nous longeons un bâtiment où des steel pans répètent ; des équipes jouent au football…

Mi-juillet,nous mettons les voiles vers Trinidad pour une soirée et une nuit de mer. Cette route, nous l’avons déjà faite dans l’autre sens en janvier dernier. Deux tortues saluent notre départ et quelques grains donnent pas mal de vent. Nous croisons à nouveau deux plates-formes pétrolières et des bateaux de pêche. Avant de longer la côte de Trinidad et les yeux encore à moitié endormis, nous apercevons un banc de dauphins en pleine pêche ! Salut les amis !

Puis nous nous présentons devant les bouches du Dragon. Et là, pas de chance, le courant est inversé et très puissant ; la lune, la lune… Nous poussons notre petit moteur de 30 CV, mais nous avançons à peine à 1 nœud. Va-t-on se faire jeter de là ? Puis, petit à petit, nous arrivons à rentrer dans cette bouche et à contrer le courant… Petit à petit, petit à petit… Il y a des fois où les minutes font plus que 60 secondes… Nous soufflons enfin quand nous apercevons la baie de Chaguaramas, nous sommes arrivés sans encombre. Ouf !

Dans quatre jours, une amie arrivera de France pour passer ses vacances avec nous. Nous avons hâte de la retrouver !

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