3 ans à bord : mais que font nos enfants ?

3 ans de voyage, loin de l’école traditionnelle, des copains, des profs, des ami(e)s, de la famille… Mais que font nos enfants pendant ce long voyage ? Nous allons essayer de tout vous expliquer…

Parmi nos critères de réussite pour ce voyage, le sérieux dans le suivi scolaire a une part importante. Il s’ajoute au plaisir de voyager, de découvrir d’autres horizons, cultures et paysages. La vie en famille au plus près les uns des autres, permet également de créer des liens que nous espérons solides pour la vie. Le nomadisme et les changements au quotidien augmentent nos capacités d’adaptation et de réaction. Les liens avec les autres se font rapidement. Nous avons le temps de profiter au mieux de tout ce qui nous entoure : les éléments, les autres, le temps qui passe… Sachant que cela ne durera pas, nous savourons au mieux. Et entre tous ces moments, que l’on peut qualifier de moments de plaisir, il y a l’école.

5/7 : notre rythme

A bord de Chintouna, nous essayons de suivre un rythme classique, soit 5 jours d’école sur 7. Le matin, nous sommes réveillés assez tôt (le soleil se lève avant 6h sous les tropiques). Après le petit-déjeuner et la toilette matinale, nous dressons la table scolaire ! Chaque élève a son tas de cahiers et de fichiers et sait ce qu’il a à faire. Et c’est parti pour une matinée studieuse !

Awen, en 6e désormais, suit les cours du Cned (Centre National d’Education à Distance). Nous les avons en version numérique. Awen les exploite via une tablette, fait ses exercices et recopie ses leçons et le vocabulaire important sur des cahiers. A la fin de chaque séquence de travail (en moyenne 10 séances), la jeune collégienne évalue ses compétences, et si besoin, retravaille les notions trop justes. L’objectif, pour elle, est d’étudier 4 séances par jour. A ce rythme, tout le programme du collège est couvert.

« Personnellement, j’aime bien travailler à bord car je ne suis pas perturbée par d’autres élèves. Je suis vraiment concentrée sur mon travail et ne pense qu’à ça. Je trouve ce rythme sympa », explique Awen. « J’aime aussi rencontrer d’autres enfants de mon âge pour comparer mon travail avec le leur », ajoute-t-elle.

En général, Awen travaille seule, mais très régulièrement, nous regardons ce qu’elle fait, l’interrogeons en fin ou en début de leçon, la faisons parler en anglais. Parce que, avouons le, ce n’est pas toujours évident d’être seule face aux cours. Il faut nous imaginer jouer une scène du Médecin malgré lui de Molière, avec Arthur en pause et qui semble passionné par ce drôle de langage !

Le CE1 d’Arthur demande moins de travail mais lui aussi a ses 4 séances par jour : Français, Maths, Français et découverte du monde (Sciences, Histoire, Géographie ou Instruction civique). Plusieurs notions d’anglais ont également été abordées mais nous les reprendrons plus régulièrement et de manière hebdomadaire en CE2. Etant moi-même enseignante en école primaire, je propose à Arthur des exercices et leçons variées que je ferais en classe. Nous allons néanmoins plus vite étant donné que c’est du cours individuel. « J’adore l’école en bateau !!! », nous dit Arthur.

Du sport l’après-midi

Une fois le contrat scolaire rempli, nous pouvons passer à d’autres activités. Les après-midis sont remplies de différentes manières et souvent d’activités sportives. Depuis notre départ, les enfants ont amélioré leurs techniques de nage. Ils utilisent facilement les palmes, masques et tuba. Souvent, ils se déplacent en kayak ou en paddle. Sur la plage, nous sortons désormais la slackline, une sangle souple tendue entre deux arbres sur lequel on essaie de marcher ou de sauter… On apprend à bien attraper la balle, etc. Les rollers sont aussi de sortie, tout dépend du milieu dans lequel nous sommes.

Et les autres occupations

Lorsque nous avons la chance de rencontrer d’autres équipages avec d’autres enfants, tout le monde se retrouve après l’école pour jouer, bouger, sauter, s’amuser ! Les liens s’établissent vite, les enfants aiment se retrouver pour inventer toutes sortes d’activités : création de films, où les adultes sont régulièrement sollicités, jeux de sociétés divers et variés, Légos, dessins, jeux sur la plage (bataille de sable…). Ils ne manquent pas d’imagination !

« C’est quand même bien de pouvoir retrouver les copains qui eux aussi ont fait l’école le matin », précise Awen.

Bilan

Globalement, nous ne nous plaignons pas, nos enfants ont pris le rythme de l’école, ne ronchonnent plus pour se mettre au travail, semblent comprendre l’importance de la chose et savent que, de toutes les façons, ce ne sera pas négociable. Dès le départ nous les avons prévenus : « si vous ne faites pas l’école correctement, fin du voyage, on rentre ! ». Dur peut-être, mais efficace, certainement.

Awen, Arthur et les enfants de voyage que nous avons rencontrés, sont très à l’aise dans l’eau, ont la chance d’admirer les beautés de la nature, sous l’eau, sur la mer, lors de nos découvertes à terre. C’est tellement motivant d’aller d’un bateau à l’autre en nageant ou en kayak, ou encore d’admirer les poissons multicolores jouant dans le corail…

Nous suivons de près la scolarité de nos chérubins et pouvons appuyer là où ça coince. Des cours individuels en quelque sorte.

Il nous reste 14 mois de voyage et les enfants, bien qu’heureux dans cette aventure, disent également qu’ils seront contents de retrouver la famille et les ami(e)s car, il faut bien l’avouer, c’est ce qu’il y a de plus dur : être loin de ceux qu’on aime.

Nous espérons que ce voyage sera une parenthèse qui aura permis d’ouvrir l’esprit de nos enfants, en espérant que l’avenir ne soit pas pour eux source de stress mais d’espoir, que leurs projets aient du sens et qu’ils les rendent heureux… Seul le temps nous le dira.

Bon vent à vous et à bientôt avec de vos nouvelles,

Sonia

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