Amap Guyane : Les paniers citoyens lancent le bio !

Fondée en juillet 2009, l’association pour le maintien de l’agriculture paysanne (AMAP) de Kourou, seule en son genre en Guyane, œuvre pour l’implantation du BIO dans ce département outre-mer français.

Fer de lance de ce projet, Charles Carbo, arrivé en Guyane en 2004, a toujours fonctionné en agriculture biologique. « Le bio est venu à moi naturellement dans les années 1977-1978. C’était comme une vocation et aujourd’hui, je n’ai plus de doute sur l’utilité de ce type d’agriculture ». Après avoir cultivé en bio dans différentes régions de métropole, cet homme dynamique de 62 ans voulait relever le défi : faire du bio sur une terre vierge dans un climat tropical. En Guyane, le taux d’hygrométrie est élevé et la chaleur omniprésente. Les insectes et autres parasites se développent rapidement. Pourtant, il faut croire que c’est possible de faire du bio ici. « Nous sommes des pionniers. Aucune étude n’a été faite ici, en Guyane avant, dans ce milieu tropical », explique Charles Carbo.

Charles Cabo, le maraîcher, montre les haricots km !

Charles Cabo, le maraîcher et ses haricots km !

50 paniers hebdomadaires à Kourou

Et ça marche !!! Toutes les semaines, 50 paniers de fruits et légumes bio sont distribués au Petit théâtre d’Iguarapinga, une association culturelle locale.

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L’Amap, dénommée Les paniers citoyens, compte 80 adhérents qui se sont engagés auprès des producteurs (maraîcher et producteur d’oeufs) pendant 5 mois à acheter leur production locale. En juillet-août, les consom’acteurs choisissent ou non de prendre un panier (beaucoup partent en vacances). Puis ils peuvent renouveler leur contrat.

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Et qu’y a-t-il dans ces paniers ? « Pas de fraise, de carotte ni de poireau, mais des patates douces, ignames, cramanioc, giraumon, pastèques, bananes plantains, bananes bacoves, divers choux (chinois, vietnamiens, brésiliens), haricots kilomètres, concombres, fruits de l’arbre à pain, chadek, papayes, avocats, salades… », énumère Charles Carbo. Hummm… de quoi faire de bons plats locaux et tropicaux !

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« Ça y est, le Bio c’est parti en Guyane ! », se réjouit cet initiateur. Mais il reste encore du chemin. Il n’y a qu’à Kourou que l’on trouve une AMAP, espérons que celle-ci essaime afin que la vente directe, participative et locale se développe offrant une alternative à l’achat en grandes surfaces.

Pour en savoir plus : http://auxpanierscitoyens.wordpress.com/

En parallèle la coopérative BIO SAVANE

2009, c’est aussi la date de la création de la coopérative BIO SAVANE (http://www.bio.savane.sitew.com/#Accueil.A). Insufflée par notre maraîcher, cette association de producteurs en agriculture biologique mutualise ses connaissances, matériels…

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Depuis mai dernier, la coopérative a établi « un programme de coopération avec une structure brésilienne, l’Embrapa de Macapa portant sur l’agroécologie », explique Hélène Stern, qui accompagne les producteurs de fruits et légumes dans cette structure.

L’Embraca est l’équivalent de l’Inra française. « Les Brésiliens sont en avance sur nous. L’Embrapa et les producteurs me transmettent leur savoirs et savoir-faire. Je vais là-bas, ils viennent ici et 8 de nos producteurs guyanais y passeront également un séjour pour pratiquer (fabrication de compost, vermicompost, préparation naturelle de lutte contre les ravageurs, biofertilisant…) », explique t-elle.

« En parallèle de tout ça, on a créé un réseau d’échanges nommé REAGI – Réseau d’Echanges en AGroécologie Intertropicale », ajoute Hélène Stern. Ouvert à toutes les personnes du secteur agricole intéressées par l’agro-écologie, le but est de mutualiser les connaissances dans le but de faire avancer l’agriculture respectueuse de l’environnement dans ce département.

La Guyane n’en est qu’à ses début. Dans 10 ans, il sera intéressant de regarder l’état d’avancement de ces pratiques qui ne polluent pas, qui respectent la Nature et donc nous-même. Tout réside dans l’éducation et la formation. Et là, il y a toujours du travail !

Je conclurai cet article par cette phrase porteuse de sens de Charles Carbo :

« Il n’y a pas de mauvaise terre, il n’y a que de mauvais paysans »

Et par ce petit bout de chansonnette… inspiration du moment :

Aux Amaps, citoyens !

Armons nos convictions !

Marchons, marchons,

Que l’agriculture bio,

Abreuve nos cerveaux,

Tin tin tin tin !!!

Et soutenez les initiatives locales autour de chez vous ! Les petites rivières font les grands fleuves non ?

A bientôt !

Sonia Falcou-Le Huec

Ci-dessous le Credo de l’Amap Les paniers citoyens :

Parce que la préservation et la protection de l’environnement sont l’affaire de tous,

Parce que nos comportements ont une incidence sur l’avenir de la planète,

Parce qu’ensemble nous pouvons beaucoup.

L’association « Aux paniers citoyens ! » a vu le jour en juillet 2009.

L’association gère un réseau de distribution qui met en relation directe des producteurs et des consommateurs. Il s’agit de préserver une agriculture paysanne locale, équitable et écologiquement saine tout en responsabilisant les consommateurs à travers un engagement citoyen et solidaire.

Ce mode de consommation directement inspiré des AMAP de Métropole constitue un point de départ. Ainsi l’association se donne pour objet :

D’œuvrer au développement de l’agriculture biologique en Guyane. De s’engager sur des réflexions locales pour la promotion d’une agriculture durable, socialement équitable et écologiquement saine.

De passer un contrat entre un groupement de consommateurs et des agriculteurs ou coopératives basé sur la fourniture de paniers hebdomadaires. L’association intervient dans l’organisation des relations entre les partenaires et la distribution des produits. Elle ne participe pas à l’achat et à la vente des denrées.

Mais interroger sa consommation implique plusieurs prises de conscience, l’association a donc aussi pour objet :

D’organiser des ateliers, des débats, des événements, des actions et rencontres sur des thèmes ayant trait : à l’agriculture biologique, à l’environnement, à la santé, à l’alimentation, au bien être, à la citoyenneté, à la solidarité, à l’économie et à la consommation.

D’entrer en contact avec différents partenaires (associations, institutions, administrations, fondations) afin :

– d’initier avec eux des projets innovants.

– de favoriser la réflexion, la recherche, l’éducation, l’information dans tous ces domaines.

De créer en Guyane un réseau d’associations autour de projets communs et compatibles avec les objectifs de l’association.