En allant en Guyane…

Après nos trois mois passés à Jacaré, nous mettons les voiles vers la Guyane française. Nous mettrons presque quatre semaines pour remonter vers notre objectif et ferons deux arrêts inoubliables : Galinhos et Ilha dos Lençois.

Pour rejoindre Galinhos de Jacaré/Cabedelo, nous mettons presque deux jours et passons deux nuits en mer (200 milles). Nous croisons des plate-formes pétrolières et observons un nombre incroyable d’éoliennes situées sur les côtes. La nuit, nous nous demandons si nous ne rêvons pas car nous apercevons une multitude de lumières rouges sur notre bâbord, comme une guirlande de points rouges…

Galinhos se situe à environ 150 milles au Sud-Est de Fortaleza. Après le passage de Natal et du cap S. Roque, profitant d’un fort courant qui nous fait glisser rapidement vers notre but, nous arrivons près de la bouée d’eaux saines qui marque l’entrée du chenal, en début de matinée.

(pour mieux voir les photos, cliquer dessus)

Ravis de cette belle performance au niveau vitesse, nous avons hâte de nous reposer… Malheureusement, le courant ne nous est pas favorable et nous ne pouvons pas rentrer dans le chenal pendant plusieurs heures car il n’y a pas assez de fond à marée basse pour le passage de notre bateau. Le vent soufflant assez fort, il a levé une mer nous interdisant de mouiller pour attendre tranquillement le moment favorable à cette entrée.

Deux options s’offrent à nous : faire demi-tour et viser notre prochaine escale ou patienter en tirant des bords en attendant que la marée s’inverse et qu’il y ait assez d’eau pour notre passage. Nous nous résignons à choisir la 2e solution, malgré notre réticence à faire des aller-retours devant la plage de Galinhos pendant 4 à 5 heures. Et pourtant, c’est ce que nous faisons… Bon entraînement pour parfaire nos manœuvres de virement de bord…

Après un essai infructueux, nous arrivons enfin à passer dans le chenal ! Le passage est étroit mais nous nous en sortons bien et mouillons en face du village, près de la mangrove. Le mouillage est bon, l’ancre accroche tout de suite, nous sommes le seul voilier et nous profitons enfin du calme retrouvé.

A terre, nous découvrons des habitants charmants, souriants (comme toujours au Brésil), des chevaux en liberté, une plage magnifique où nous assistons à une remontée de filet de manière traditionnelle et à un coucher de soleil grandiose. Un pêcheur nous propose des poissons. Nous acceptons son cadeau avec gratitude et nous apercevons que nous ne sommes pas passés inaperçus : on nous raconte nous avoir vu tirer des bords devant la plage pendant des heures…

Notre oasis

Et puis il y a la pousada Oasis. Cherchant un accès Internet ainsi qu’une possibilité de regarder la petite finale avec les Brésiliens, nous tombons sur cette pousada originale et très belle, où nous sommes accueillis par une famille de Belges en « escale ». Les enfants sont invités à l’anniversaire de leur fille. Ils ont invité pour l’occasion des enfants du village, un déjeuner est servi et tout le monde profite de ce moment pour jouer, échanger, se baigner, s’amuser ! Merci encore pour ce bel accueil.

Les gérants de cette pousada (auberge en brésilien) nous font visiter les lieux et nous invitent à partager la ½ finale avec eux. Nous déjeunons tous ensemble et flemmardons dans cet endroit paisible et calme. Si vous cherchez un endroit isolé, magnifique, dans la nature maritime, dépaysant et où les touristes se comptent sur les doigts de la main, n’hésitez pas à vous rendre à Galinhos, véritable hâvre de paix, et de rendre visite à Clara Pinto Machado, qui tient le Chalé Oasis (www.oasisgalinhos.com).

Malheureusement pressés par un visa expiré… nous devons partir assez vite de Galinhos où les autorités ne sont pas très loin. Nous décidons de filer vers l’Ilha dos Lençois, un endroit sauvage et préservé, bordé de dunes…

Ilha dos Lençois

Nous mettons 4 jours et demi pour rejoindre ce nouvel oasis brésilien, situé au nord de Sao Luis. Là encore, l’arrivée jusqu’au mouillage nous surprend. Nous naviguons dans une espèce d’embouchure tellement large, que nous avons du mal à apercevoir les deux berges. L’eau est marron, le vent lève une houle puissante et il n’y a pas de chenal ni de balisage. C’est l’inconnu. Plus nous approchons, plus nous arrivons à faire du lien entre notre carte marine et le paysage qui nous entoure. Cette entrée nous semble interminable, nous avons hâte de jeter l’ancre.

Après avoir contourné une avancée de sable, nous prenons à droite (!). Nous nous retrouvons entre la mangrove et sa vasière, et un banc de sable. Nous décidons de mouiller là pour le moment. Demain, nous pousserons plus loin, il paraît qu’une grande dune nous attend et qu’elle cache un village traditionnel.

Après une bonne nuit réparatrice, l’ancre est remontée et nous nous enfonçons dans le canal. Au loin, la dune éclatante s’offre à nous et nous nous émerveillons devant des ibis rouges majestueux qui planent autour du bateau. Nous restons 10 jours dans cet endroit hors du temps, entre pêcheurs, fontaine naturelle et village en palmes. Nous essayons de nous procurer des fruits et légumes mais il faudra s’y reprendre à 3 fois avant de pouvoir obtenir notre commande, le village n’ayant pas de frais de disponible (c’est le mari de la gérante du petit magasin qui doit se rendre dans un village plus loin en navette…).

Malgré cette beauté naturelle, nous observons, comme dans tous les endroits où nous passons, des déchets disséminés un peu partout près du village : plastique, cannettes, etc. Y a t-il un endroit au monde de préservé ? Nous gardons nos poubelles à bord, ici, ils brûlent tout.

Tous les jours, nous débarquons et marchons, courons, jouons dans les dunes immaculées. Nous allons également chercher de l’eau à une fontaine naturelle. Un habitant du village nous montre comment récupérer de l’eau « propre » : il enlève du sable dans un trou déjà fait, vide l’eau déjà présente et creuse un peu plus profondément. Petit à petit, de l’eau douce, fraîchement sortie de terre, apparaît. Après quelques minutes, chacun peut en récupérer pour sa toilette, les lessives, la vaisselle ou autre.

Nous nous faisons aborder facilement par les pêcheurs locaux. Nous parlons Coupe du Monde évidemment, achetons un peu de poisson. L’un d’eux veut visiter le bateau, quelques bateaux de pêche passent près de nous pour nous saluer.

Après avoir récupéré nos produits frais et quelques bouteilles d’eau, nous attendons une météo favorable. En effet, la sortie de cette zone se fait au près c’est-à-dire avec le vent en face et donc en tirant des bords dans une mer frontale pas agréable en général. Mieux vaut attendre un vent pas trop fort.

Finalement, une fenêtre météo s’offre à nous et nous mettons les voiles le 26 juillet. Comme prévu, le vent vient de face, le départ est musclée, les estomacs sont mis à mal dès le passage du banc de sable. Il faut tirer des bords, on se fait mouiller par les vagues qui tapent contre la coque à l’avant, Chintouna fend la mer… vivement le changement de cap que l’on retrouve l’allure portante… La Guyane est à 5 jours de mer, c’est reparti pour une navigation rythmée par l’océan et la météo…

A bientôt avec de vos nouvelles !

Sonia et tout l’équipage

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