3 mois brésiliens à Jacaré/Cabedelo

Il est temps de faire un petit bilan de ces 3 mois passés à Jacaré, bourgade brésilienne de pêcheurs, située dans l’état du Paraiba, et dépendant de Cabedelo. Cette longue escale a permis à chacun de trouver ses marques. Les enfants y ont fini leur année scolaire et nous avons pu visiter les alentours avec plaisir, d’autant plus que cet état n’est pas très touristique (cf. article sur les vacances brésiliennes d’Awen).

La Marina de Jacaré

Les 3 mois passés dans cette marina, tenue par des franco-brésiliens, se sont écoulés sans peine. Avec sa piscine et son grand espace commun, les enfants ont bénéficié d’un environnement très sympa. Pendant la coupe du Monde, Nicolas, qui tient le bar/restaurant, proposait des moments de regroupement agrémentés de pop-corn et de caïpirinha ou de jus de fruits tropicaux. Francis et son équipe ne manquaient jamais une occasion d’aider les équipages d’une manière ou d’une autre. Demandez néanmoins les tarifs avant de prendre des décisions car ils ne sont pas toujours affichés.

Certains vendredis, un groupe de Capoeira local venait danser pour nous et ce fut l’occasion d’échanger avec les enfants capoeiristes à l’aide de jeux divers ramenés du bateau (awalés, jeux de cartes…).

Au ponton, nous avons sympathisé avec différents équipages de nationalités variées et Awen a suivi des cours d’anglais régulièrement avec Maggie, professeure de sport anglaise à la retraite, en voyage, sans date de retour avec son mari Marcus. C’est là aussi que nous avons fêté les 11 ans d’Awen entourés des équipages, devenus, l’espace de quelques semaines, notre nouvelle famille.

Des Hollandais, des Néo-Calédoniens, des Sud-Africains, des Allemands, des Suisses et aussi beaucoup de Français choisissent cette escale protégée pour laisser le bateau plusieurs mois alors qu’ils rentrent dans leur pays quelques temps, pour visiter l’Amérique du Sud ou pour passer un moment paisible avec tout le confort du ponton ou du mouillage.

Formalités

Nous les avons faites simplement, et seuls. Pour ceux que ça peut intéresser voici un résumer de ces démarches. 

Plusieurs étapes à suivre :

1 – Aller à la police fédérale (sur la BR230, pas très loin de la marina, direction de Cabedelo. On peut y aller en taxi, en bus ou en vélo). La police demande à voir toutes les personnes.

On peut aller à la police fédérale à partir de 8H. Ça ferme à 12h et ça peut être très long. Il y a un agent qui parle en anglais, il suffit de demander à l’accueil, ils ont l’habitude.

Une fois les visas obtenus, il faut aller :

2 – à la douane, à Cabedelo. On peut essayer de le faire le même jour que la police mais souvent on attend le lendemain. A Jacaré, on peut prendre le train (au bout de la rue des pêcheurs de Jacaré, près de la marina) qui coûte 50 centimes de réal (1/2 réal), les enfants ne paient pas. Quand on sort du train à Cabedelo, le terminus, on va tout droit, puis au bout, à droite jusqu’à la douane « Receita fédéral », qui se trouve sur la gauche. La douane ouvre à 8h. Le capitaine peut y aller seul.

3 – Quand vous avez fini la douane, direction le bureau de la marina do Brasil, juste en face ! Et c’est fini ! On peut prendre le train ou le bus pour rentrer.

Quand on part, même chose, dans le sens inverse.

Si on veut laisser son bateau jusqu’à 2 ans, et rentrer en Europe par exemple ou visiter l’Amérique du Sud à pieds, on doit dédouaner le bateau (autres formalités à effectuer à la Douane).

Pour aller chercher de l’argent, on peut aller à la Banco do Brazil, à Intermares. 15 à 20 min à pieds. Prendre la rue des pêcheurs. Au bout, à droite. Puis traverser la voie ferrée à gauche. Aller jusqu’au bout de la rue. Là, on doit traverser la 4 voies BR230 (passage piétons peu visible mais ralentisseurs) et en face, on trouve la banque, la station service (en jaune) et les magasins et la mer où on peut aller savourer une eau de coco rafraîchissante !

Joao Pessoa

A une dizaine de kilomètres de Jacaré, on trouve la grande ville de Joao Pessoa. On peut s’y rendre en train, en bus ou en taxi. Peuplée de plus de 700 000 habitants, c’est aussi la capitale de l’état du Paraiba. Cette ville offre tous les services dont on peut avoir besoin et possède également plus d’espaces arborés que toutes les autres capitales fédérales du Brésil. Sa côte bénéficie de magnifiques plages. La vieille ville propose aux curieux une plongée dans le passé avec ses maisons coloniales et églises de différentes congrégations.

Nous avons aussi rejoint le point le plus à l’est de l’Amérique du Sud, au niveau du Cabo Branco, situé au sud de la ville. A cet endroit se situe un phare et un espace destiné aux sciences, dessiné par le célèbre architecte Oscar Niemeyer. Malheureusement, l’espace nous paraît vide. Nous y trouvons quand même quelques robots, des expositions sur l’île de Pâques, les étoiles et la BD. Une exposition de patchwork n’est pas sans nous rappeler les talents de la grand-mère de Brice et les enfants choisissent une œuvre pour l’immortaliser dans leur cahier de dessins-souvenirs.

Les jeux géants à l’extérieur ne sont pas pour les visiteurs mais pour les écoliers… au grand désespoir de nos enfants. Dans un bâtiment plus petit, nous découvrons avec admiration, un magnifique tableau de 9m sur 3m, peint par Flavio Tavares, en 2008, et résumant l’histoire de la découverte par les colons de la côte brésilienne et de celle de Joao Pessoa. Un guide parlant anglais nous accompagne dans cette découverte qui nous laisse songeurs.

Et puis, il y a les Sabadinho Bom. Tous les samedis de 12H à 16H, des groupes de Bossa Nova et de Salsa viennent se produire sur une scène et l’on peut danser sur ces rythmes entraînants en compagnie de locaux. Ici, on est libre de danser simplement. On peut également savourer des bonnes brochettes ou des plats typiques et se rafraîchir avec des boissons locales. On vous sourit, on vous parle, on vous aide… Que les Brésiliens sont accueillants !

Rencontres

Sans détailler toutes les rencontres qui ont ponctuées ce séjour, voici en quelques lignes une énumération non exhaustives de celles-ci qui restent gravées dans nos mémoires…

Près de la marina se trouve un chantier tenu par un anglo-brésilien de plus de 75 ans ! Brian est devenu un ami. Nous avons passé plusieurs dimanches chez lui avec d’autres équipages et sa famille, et c’est là-bas que nous avons fêté les 7 ans d’Arthur. C’est lui qui nous a emmenés à la ferme de Tamandua et qui nous a aidé maintes fois. Merci à toi Brian pour tout. Sa fille, Pamela, chercheuse en Biodiversité, a été aussi une magnifique rencontre et nous a aidés à éclaircir des sujets environnementaux qui nous intéressent tant.

Merci à Anna pour les soins dentaires prodigués au bon moment. On a mis le temps mais on y est arrivé ! Et aussi merci à toi et à Philippe pour les conseils sur les coins à visiter dans l’état.

Sur la plage de Tambau, nous avons aussi sympathisé avec un coupeur d’ananas qui a une technique de coupe incroyable que nous avons repris à notre compte. A plusieurs reprises, il nous a offert des ananas succulents coupés prêts à manger !

Le coupeur d'ananas

Le coupeur d’ananas

Merci à Charlotte pour tous tes bons conseils en couture. Notre annexe a désormais une nouvelle peau et j’ai gagné en confiance concernant cet art manuel.

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Un grand merci aussi à Victor pour la visite guidée de la vieille ville de Joao Pessoa et à Dayse, pour sa gentillesse et ses cours de brésilien…

Et puis, il y a eu Camille. Arrivée à Jacaré à l’occasion d’une escale lors d’un convoyage, La Rochelle-Rio, cette jeune femme énergique de 21 ans a très vite fait partie de la famille. Elle est tombé amoureuse d’un voilier le YOL (le chemin en turque). Arrivé à la marina de Jacaré-Yacht Village, en janvier 2014 avec un trou incroyable dans la coque dû à la foudre reçue en pleine mer (https://fr-fr.facebook.com/Marinajacarevillage), son propriétaire avait décidé de passer le relais et de partir vers d’autres horizons. Camille a récupéré ce voilier de 6,90 m, l’a réparé et a pris la mer pour 4000 milles direction La Rochelle. Malheureusement, son pilote s’est cassé non loin de Fernandho de Noronha et elle a dû faire demi tour. Marcus, Maggie et Brice sont allés la retrouver en voilier alors que je leur donnais les positions du YOL depuis la terre (via le système SPOT). Et c’est avec une grande joie que nous avons retrouvé Camille à Jacaré ! Nous l’avons aidée à sortir le bateau de l’eau en attendant un nouveau départ dans les mois à venir. A bientôt Camille !

Bon vent aussi aux équipages d’Ivadel, Good life, Inti, Kassiopeia, Hakuna Matata, Pirates.com, Madéo, Coyotte, Island Kea II, Tec’hadenn, Kuaka, Yelo, et Ovea ! Bon vent également à Hugh et Tassio, Alan et Claire. Qu’Eole vous pousse jusqu’au bout de vos rêves…

Et puis, il a fallu partir vers d’autres horizons, quitter Jacaré malgré l’arrivée d’enfants, qui ont tant manqué pendant 3 mois. Il a fallu larguer les amarres pour rejoindre pendant quelques jours le mouillage de Jacaré. Les enfants en ont profité pour jouer les acrobates. Et enfin, nous avons mis les voiles, remonté le rio Paraiba et passé les sillos de Cabedelo pour pointer vers Galihnos, à 2 jours de mer, un petit paradis à découvrir bientôt…

Bon fin d’été à vous tous et à bientôt avec de vos nouvelles !

Sonia

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