Fazandua Tamandua : 3 000 ha pour le Bio

La mer amène à des rencontres improbables, et c’est à l’occasion d’une de ces rencontres que nous avons eu l’opportunité de visiter la Fazanda Tamandua, située à 400 km de Jacaré. Merci à Didier pour la visite et surtout pour son hospitalité. Voici l’histoire de cette ferme brésilienne pas comme les autres…

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En 1977, quand Pierre Landolt (1) et Didier Jean arrivent sur les terres de la Fazanda Tamandua (2), tout est à l’abandon. 38 ans après, les 3 000 ha d’espaces naturels font travailler plus de 50 personnes et produisent des aliments certifiés BIO par les organismes compétents.

600 vaches (la Brune des Alpes) paissent tranquillement sur ces terres immenses et donnent du lait pour la production de fromage (frais, types St Paulin et Reblochon…) destinée au marché brésilien. Les mères sont près de leur veaux lorsque ceux-ci sont encore petits, les bêtes portent leurs cornes, une impression de tranquillité règne lorsque l’on visite la Fazanda Tamandua. Ces animaux résistent très bien à la chaleur et ont de grands pieds. Il y a aussi des chèvres pour la production de fromage de chèvre.

Une histoire entre terre et mer

Avant de devenir gestionnaire de cette ferme, Didier Jean était architecte à Paris et passionné de chevaux. Il aimait aussi naviguer et c’est grâce à son métier et à la mer qu’il rencontre Pierre Landolt. Ce dernier, héritier de la famille Sandoz, décide d’acheter ces terres brésiliennes, situées près de Patos, dans l’Etat du Paraiba, pour planter du coton en fibres longues sur 500 ha. Mais en peu de temps le rêve s’effondre, les affaires vont au plus mal. Ils se lancent alors dans l’élevage de vaches laitières. Viennent ensuite la production de mangues, puis de légumes et enfin de spiruline.

L’expérience malheureuse d’un voisin ayant utilisé des produits chimiques pour booster sa production confortent nos « cow-boys européens » dans leur choix : en 1986, ils décident de passer en agriculture biologique.

Mangues, pulpes de fruits, spiruline…

La production de mangues est également un élément important de la Fazanda. Elle s’étend sur une surface de 35 à 40 ha. Les arbres sont coupés assez bas pour que la récolte manuelle se fasse plus facilement. L’irrigation se fait via des tuyaux percés aux pieds des arbres. Et l’engrais naturel provient des enclos des vaches et du broyage des branchages ramassés associées à de la poussière de roche, des excréments de poules et du petit lait.

Le compost

Le compost

Les mangues sont soit exportées vers le nord de l’Europe sur le marché bio, soit écoulées sur le marché brésilien. Tout dépend de la taille et des demandes des Européens. Les fruits sont acheminés par bateau pour « baisser l’empreinte CO2 liée au transport ».

A Tamandua, on produit aussi de la pulpe de fruits avec les fruits un peu avancés (mangues, goyaves, grenades) qui ne peuvent pas être vendus. Cette pulpe se vend beaucoup au Brésil. Melons, aubergines, pastèques… partent également sur le marché national.

Contre l’invasion des insectes, différentes techniques sont pratiquées tels que l’utilisation d’adhésifs avec des lumières ou encore la vaporisation de pipi de vaches sur les feuilles !

Depuis peu, on trouve aussi une production de deux cyanobactéries, dont la spiruline et une autre qui pourrait servir de carburant pour les tracteurs.

La spiruline (3), de couleur verte, est transformée en comprimés pour les hommes. Elle est également ajoutée à l’engrais et peut être mise dans l’alimentation des animaux.

La ferme produit aussi du miel et une autre, dépendante de la Fazanda Tamandua, plus au sud, produit du riz et de la farine de riz (sans gluten), issus également de l’agriculture biologique.

Un village au cœur de la biodiversité

Sur la ferme, on trouve les maisons des personnes qui travaillent ici. On ne se bouscule pas, il y a de la place pour tous et les voisins sont à des centaines de mètres les uns des autres ! Au détour d’un virage, nous découvrons une école pour les enfants de la ferme ainsi qu’un terrain de foot…

Avant de finir la visite, nous parcourons un atelier de mécanique, puis un autre où l’on façonne des tuyaux. Un moyen supplémentaire d’apporter travail et argent à cette ferme.

Nous découvrons la Fazanda Tamandua (4) avec des yeux ébahis. Quelle immensité ! Que de beaux paysages ! Et quelle chance ont tous les animaux qui vivent ici de ne pas connaître la pollution liée à l’agriculture intensive pratiquée habituellement au Brésil ! L’espace est si bien protégé, que 350 ha de la Fazanda, font partie du patrimoine national et sont une réserve de la biodiversité où les chercheurs étudient la faune et la flore locales. Les oiseaux qui vivent sur ces terres ont d’ailleurs été répertoriés dans un ouvrage dont Didier nous fait cadeau.

Vive les boules de neige !

Des paysans aux alentours de la Fazanda ont accepté de produire également pour la ferme. Ils sont formés pour travailler selon les normes de l’agriculture biologique. Un effet boule de neige, qui nous l’espérons, portera ses fruits.

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Car le Brésil compte aujourd’hui peu de consommateurs bio. Nous avons trouvé dans des grandes surfaces des rayons comprenant des produits bio mais ils restent très onéreux. Le café bio reste plus abordable et est très bon.

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Tri sélectif (en marche aussi au Brésil), agriculture bio, préservation de la biodiversité (des chercheurs travaillent en ce moment aux problèmes liés à la biodiversité, aux systèmes agraires (5) et aux problèmes des gens sans terre), ici, comme ailleurs dans le monde, des hommes et des femmes travaillent à l’amélioration des conditions environnementales de tous, résistants à des lobbying puissants peu scrupuleux. Espérons que « le meilleur » gagne !

Au plaisir de vous lire.

Sonia

(1) http://www.swissinfo.ch/fre/Dossiers/La_Suisse_Ailleurs/Portraits/La_vraie_vie_au_Bresil_de_Pierre_Landolt.html?cid=185186

(2) Le Tamandua est une colline visible de la ferme mais c’est aussi un animal cousin du grand fourmilier, qui vit en Amérique du sud, également logo de la ferme.

(3) http://www.doctissimo.fr/html/nutrition/vitamines_mineraux/vitamines/15869-spiruline.htm

(4) http://www.fazendatamandua.com.br/

(5) Cf. le travail de Emilia de Rodat F. Moreira et Ivan Targino, TRANSFORMATIONS DE L’ESPACE AGRAIRE BRESILIEN ET IMPACTS SUR L’ENVIRONNEMENT, LES CONDITIONS DE VIE ET LA SANTE DU TRAVAILLEUR, 2011

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En quête d’animaux brésiliens…

A la marina, nous rencontrons Jonathan, jeune voyageur de 16 ans, parti de Nouvelle-Calédonie avec ses parents il y a deux ans (http://nolimitpirates.com). Jonathan est passionné de photos animalières et les différentes escales réalisées depuis son départ, ont été propices à assouvir sa passion (http://www.wilipi.net/index.php/forum/carnets-de-voyage-animaliers/141-les-pirates-en-afrique-du-sud). Jonathan nous propose une balade sur une île qui se situe sur le Paraïba (l’île à côté de Jacaré, sur le Rio où nous sommes depuis plus de 2 mois) afin d’observer des animaux. Nous partons donc, les enfants, Jonathan et moi, sur l’annexe des NolimitPirate.com à « l’aventure », comme l’exprime Awen ! Voici quelques photos de l’île, des animaux observés et de la mangrove (photos Jonathan et Sonia).

A bientôt !

Sonia

Cliquer sur une photo pour les agrandir toutes.