7 jours de mer vers le Cap Vert

1er février, on est presque prêts : les cales sont pleines, les pleins d’eau et de gasoil sont faits. Tout est calé, rien ne devrait bouger pendant la traversée. Nous avons eu le temps de faire de multiples améliorations : un siège de table à cartes, deux toiles anti-roulis pour les bannettes de carré, la fabrication d’une perche IOR pour la sécurité ainsi que l’installation du kit homme à la mer, prêté par un de nos partenaire NKE. La bouteille de gaz en double a été positionnée à l’arrière du bateau pour gagner de la place dans la coursive tribord. Deux tangons sont prêts pour les allures de portant. Le nouveau pilote électrique pour la pétole pourra être installé au cas où. De nouveaux anti-dérapants vont nous faciliter la vie, un GPS amovible peut trouver sa place dans le cockpit… Mais voilà, il est déjà 16h. Pour ne pas partir en fin de journée, nous décidons donc de passer notre dernière nuit à Las Palmas mais au mouillage. Le lendemain matin, après un bon petit-déjeuner, nous quittons définitivement les Canaries, direction le Cap Vert.

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Nous comptons un équipier en plus à notre bord. Mathias embarque pour la grande aventure et devrait rester avec nous jusqu’au Brésil. Les enfants l’ont très bien accepté et il a su s’intégrer sans difficulté dans notre organisation. Ils sont nombreux les bateaux-stoppeurs à chercher des voiliers pour aller ici ou là, mais surtout pour traverser vers le continent américain, pour l’aventure et/ou faire des économies.

Nous voilà donc partis, à cinq, sur notre beau voilier Chintouna. La météo s’annonce favorable avec une accélération de vent en milieu de parcours. Nous mettons les voiles dans un petit vent portant qui nous pousse nonchalamment vers le sud. Au-revoir Las Palmas…

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Les trois premiers jours, la météo est parfaite. Nous voguons sous grand-voile haute et génois tangonné. Le voilier ne roule quasiment pas. Les enfants peuvent jouer facilement, faire la cuisine est un vrai plaisir et les veilles la nuit sont tranquilles. Lorsque je prends mon quart, je redécouvre avec engouement tout ce plancton qui s’allume dans le sillage du bateau. Cette phosphorescence a quelque chose de magique, de surréaliste, d’improbable. Quand les dauphins nagent autour du voilier, c’est un véritable ballet éclatant qui illumine l’océan. Les étoiles nous émerveillent et nous essayons de retrouver les quelques constellations connues dans cette immensité céleste…

Nous nous méfions de quelques cargos mais globalement, ils passent assez loin. Nous profitons une nouvelle fois du spectacle de la mer : dauphins, requin, tortues et beaucoup d’oiseaux près de la Mauritanie. Le 3e jour, nous pêchons un – trop – gros thon. Tellement gros, qu’il est difficile de le remonter et c’est un gros chantier d’en tirer la chair consommable. La prochaine fois que nous tomberons sur un morceau pareil, nous lui laisserons la vie sauve…

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Puis la météo change. Le vent monte et oscille en permanence entre 5 et 6 Beauforts… Après avoir pris 3 ris dans la grand-voile, nous décidons de l’affaler et de ne garder que le génois tangonné. Celui-ci pourra être réduit ou augmenté au gré des fluctuations du vent et la grand-voile ne nous posera pas de soucis. Du coup, le bateau roule, roule… surfe, surfe dans les vagues…. tape, tape sur la mer. Et tout ce bruit et ces mouvements intenses et incessants, nous fatiguent doucement. On ne sort plus la guitare, on se repose le plus possible, on s’économise… Nous avons hâte d’arriver !

Pendant ces quatre jours, nous rentrons en communication avec un cargo qui change sa route pour éviter la collision, nous croisons de grands dauphins et commençons à voir des poissons volants. La température extérieure monte de plus en plus, celle de l’océan aussi, le soleil nous brûle. La crème solaire et les chapeaux sont de sortie…

Heureusement pour moi, Mathias et Brice tirent sur les bouts car je ne dois pas forcer sur ma cote qui a été cassée il y a moins de 3 semaines lorsque je suis tombée à l’arrière du bateau. Mon pied avait râté la passerelle et plouf, je m’étais retrouvée à l’eau avec un choc au passage, sur l’arceau arrière de mon bateau… Nous apprécions également d’être un de plus pour les quarts. Du coup, chacun arrive à se reposer convenablement la nuit. Et puis, une personne en plus, c’est une nouvelle source de discussions, d’échanges, d’apports mutuels… Cette expérience est vraiment positive.

Les enfants se comportent également très bien en mer. Ils trouvent leur rythme. La bannette double du carré leur est destinée et ils l’exploitent à 100 %. Pendant cette traversée, ils ont pu jouer à différents jeux (cartes, jeux d’imagination avec des personnages, scoubidous…).

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Finalement, nous arrivons le 9 février au mouillage de Palmeira sur l’île de Sal après avoir longé une côte tourmentée dans un vent intense. Nous sommes bien au Cap Vert, le vent souffle sans cesse. Deux requins croisent aussi notre sillage… Cela met en confiance. Nous avançons doucement vers le mouillage avec un mouchoir de poche à l’avant. Mieux vaut être prudent sur une arrivée… Enfin, nous jetons l’ancre en limite de chenal, heureux d’être à bon port. Il fait chaud. Mathias se jette à l’eau, nous enchaînons et en profitons pour nous laver intégralement. Les cheveux en avaient grand besoin. Nous avons beaucoup à découvrir ici. Un nouveau pays s’offre à nous. 

A bientôt

Sonia

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